|
VS
La semaine dernière, nous vous expliquions comment le HTML5 allait apporter un véritable lifting dans la programmation et l'utilisation du web. Dans la suite logique, nous n'avons pas résisté à l'envie de vous faire la synthèse d'un débat qui a fait couler beaucoup d'ancre, ou plutôt "frémir plus d'un clavier" : le HTML5 va-t-il remplacer le Flash ? Préambule : le débat Flash contre HTML est-il vraiment fondé ?Suite au nombreux postes prédisant la mort d'une des deux technologies au profit de l'autre, de nombreux bloggueurs se sont exprimés en qualifiant le débat de "stérile et infondé". Paradoxalement c'est suite à ce genre d'article qu'on trouve le plus grand nombre de commentaires controversés ! Alors ce débat est-il fondé ? Oui. Flash, initialement prévu pour faire du "rich media content" (du contenu interactif avec des animations et du son, en gros : des jeux), a développé une activité "couteau suisse" : sites internet, lecteur audio et vidéo, bannières publicitaires, animations en tout genre...tout simplement parcequ'aucune autre technologie fiable ne le proposait (rappelons que le HTML n'avait pas évolué depuis 10 ans). Cependant, HTML5 intègre maintenant bon nombre de ces fonctionnalités nativement, librement et de façon souvent optimale (quand on développe une activité "couteau suisse" on ne peut forcément pas être bon partout). On peut donc se demander à juste titre jusqu'à quel point le HTML5 va remplacer le Flash dans ses usages actuels.
HTML5 pour les usages classiques du web
Avec son lecteur vidéo embarqué et les nouvelles possibilités d'animation en CSS, notamment en 3D, il est probable qu'on pourra se passer de l'installation du plug-in Flash pour les usages classiques du web, ce qui fera le bonheur de ceux qui considèrent Flash Player comme un facteur de ralentissement du navigateur, et des partisans du web libre et ouvert (Flash Player est un plug-in gratuit mais l'environnement de développement est payant et le format est propriétaire, donc fermé). En effet, pourquoi s'encombrer d'un plug-in lourd alors que le navigateur offre les mêmes possibilités ? D'autre part, lorsqu'il s'agit de concevoir un site internet animé, ou particulièrement créatif, la combinaison HTML5 - CSS3 - Javascript permet l'indexation des contenus textuels, tandis que Flash a toujours été l'ennemi du référencement car ses contenus sont difficilement accessibles et ne peuvent pas être structurés pour les moteurs (pas de titre, sous-titre, gras..).
Flash pour sa spécialité : l'interactivité, les jeuxMême si Javascript permet tout à fait la création de jeux comparables aux jeux Flash, ce langage orienté pour le web n'est pas adapté à cet usage. A l'opposé, Flash possède un environnement de programmation simple et ergonomique, et un langage adapté : ActionScript. En témoigne l'énorme éventail de jeux Flash disponible sur le net. Le jeu le plus joué au monde est d'ailleurs un jeu en Flash !
Farmville, le jeu Flash aux 80 millions de joueurs Il semble donc peu probable que tous ces jeux décident du jour au lendemain de migrer vers un environnement moins adapté qu'ils ne maîtrisent pas, juste pour épargner aux internautes l'installation d'un plug-in propriétaire.
Vidéo : Flash ou HTML5 ? Des avis très partagés"Environ 90% des internautes utilisent Flash uniquement pour lire des vidéos. Si les vidéos sont lues nativement, plus besoin d'installer Flash Player, et ce sera la mort du Flash." L'auteur de ce commentaire a peut être raison, cependant il faut savoir que la vidéo sur le web n'est pas prête à basculer totalement vers le HTML5 : D'une part, il y'a ce problème d'entente entre les navigateurs sur le codec vidéo à utiliser (évoqué dans l'article précédent), d'autre part, il y'a toutes les possibilités offertes par le Flash comme la protection des contenus vidéo, l'accès à la caméra et au micro, la gestion du plein écran, qui ne sont encore qu'au stade embryonnaire en HTML5. Consultez cet article (en anglais) pour connaître la position de Youtube à ce sujet.
Web mobile : des enjeux stratégiquesSteve Jobs, patron d'Apple et l'un des acteurs majeurs dans le débat, explique dans son article "Thoughts on Flash" pourquoi ses équipements mobiles (iPhone, iPad) refusent la technologie Flash au profit de l'HTML5. Selon lui, le Flash nuirait à l'autonomie de la batterie, ne serait pas adapté pour un fonctionnement tactile, et ne peut pas être stratégiquement fiable à cause de son format propriétaire. Des arguments à prendre avec des pincettes toutefois, car on se rend rapidement compte que les enjeux sont purement stratégiques :
Toujours est-il qu'avec près de 25% de parts de marché pour l'iPhone et 95% pour l'iPad actuellement, il est certain que ces restrictions vont donner un sérieux coup de pouce au développement du HTML5.
HTMLisation : une mutation lenteFlash bénéficie de son ancienneté : selon son éditeur, 99% des machines seraient équipées du plug-in Flash Player à l'heure actuelle, ce qui en fait une technologie beaucoup plus accessible que le HTML5 qui n'est pour l'instant supporté que par 40% des machines. Ajoutons qu'on trouve actuellement beaucoup plus de développeurs Flash et qu'ils n'ont pas forcément la capacité ou la volonté de se former au HTML5. On peut donc estimer que le Flash a encore de belles années devant lui. Malgré tout, la transition est en route. Pour preuve : même Adobe, propriétaire de Flash, s'est déjà partiellement converti en développant une IDE (interface de développement) pour la programmation d'animations HTML5-CSS3-Javascript ce qui va contribuer à faciliter l'expansion du HTML5 était pour l'instant développé en lignes de code (pas toujours pratique pour gérer une animation !) Cette interface sera assez proche de l'IDE Flash, ce qui devrait aussi faciliter la conversion des développeurs vers le HTML5. En savoir plus sur Edge, l'IDE développée par Adobe.
Verdict ?
Au cours des années, Flash a comblé les lacunes apparues par le manque d'évolutivité du HTML. L'arrivée du HTML5 semble prometteuse pour rattraper ses retards. Il est donc fort probable que chacun retourne faire ce qu'il fait le mieux : le HTML devrait reprendre le dessus sur le web classique et mobile, tandis que Flash devra probablement se recentrer sur des secteurs plus spécifiques : jeux, animations élaborées...Il n'est donc pas question que l'une ou l'autre disparaisse, mais plutôt qu'elles cohabitent et se complètent mutuellement. En conclusion, on peut quand même se réjouir du fait que ses deux technologies entrent en concurrence sur certains points, ce qui devrait les pousser à innover, pour notre plus grande satisfaction ! |
| Blog - Nouveaux supports online - Lundi, 20 Décembre 2010 15:28 |






Commentaires
S’abonner au flux RSS pour les commentaires de cet article.