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L'Hypertext Markup Language, langage standard d'écriture sur le web, n'avait quasiment pas évolué depuis 10 ans. Difficile à croire, quand on compare à l'évolution formidable de la toile dans ce même intervalle de temps : du web statique on est passé au web 2.0 interactif et dynamique, alimenté par les utilisateurs. Certains parlent déjà d'un passage au "web au carré" du fait de l'extension de ses usages dans la vie de tous les jours. Il était donc temps que le HTML5 arrive, et apporte un vent de fraîcheur côté technique ! Nous vous proposons un petit tour d'horizon des principales nouveautés de cette évolution.
HTML5 : un langage simplifié et explicite
On constate immédiatement une volonté de s'adapter au web moderne : simple et efficace, à l'image du doctype Les balises <video> et <audio> font leur apparition, facilitant enfin l'insertion de médias dans la page, exemple: <video width="200" height="150" src="/demo.mpg"> Mais c'est surtout dans la structuration des pages qu'on sent un véritable rafraîchissement : les fameux <div> sont remplacés par des balies plus précises, ce qui permet une mise en page plus propre.
Disposition plus claire et transparente des éléments de la page web Ces balises, notamment <header>, <footer>, <nav>, <section>, <article>, permettent également aux moteurs de se faire une meilleure idée de l'organisation de la page, ce qui contribue à améliorer son référencement. Par exemple, la balise <article> désigne un contenu tiré d'une page externe: un blog, un site d'actualités... Jusqu'à présent, cela était considéré par les moteurs comme du contenu dupliqué, ce qui est fortement pénalisé pour le classement de la page. Cette balise pourrait donc apporter une solution en indiquant la source du contenu. Consulter une liste détaillée des nouvelles balises HTML5.
CSS3 : Plus de possibilités, moins de contraintesDu côté CSS, les nouveautés sont à la hauteur des espérances. Plus besoin de bricoler pour obtenir des bords ronds ou des ombrages, ces effets sont désormais inclus nativement : on peut donc enfin concevoir des boutons de liens sans utiliser d'images. On peut même utiliser des polices dites exotiques, c'est à dire les polices autres que les 8 utilisées jusqu'à présent par les navigateurs ! Notons également l'arrivée d'effets animés : certains IDE (environnement de développement) intègrent d'ailleurs une timeline pour la programmation du CSS3.
Des beaux boutons tout en CSS
Animation et référencement : vers une réconciliation ?
Jusqu'a présent, les animations (flash, gif, vidéo) ne faisaient pas bon ménage avec le référencement car les textes n'étaient pas lisibles par les moteurs et ne pouvaient donc pas être indexés. Avec l'arrivée de la 3D dans CSS3, on peut désormais se passer de Flash pour créer des animations élaborées, ce qui permet de décupler les pistes créatives, tout en assurant une bonne indexation de la page ! Jugez par vous même avec ce remake du générique de Star Wars en CSS3 et HTML5 (Fonctionne seulement sur Safari et Chrome à l'heure actuelle) Pour les autres navigateurs, les animations en 3D ne sont pas encore disponibles, vous pouvez cependant déjà consulter des pages stylisées en 3D. Remarquez que les textes sont effectivement sélectionnables et apparaissent directement dans le code source de la page. Ils sont donc indexables par les moteurs.
D'autres exemples des possibilités offertes par CSS3 : 47 Amazing CSS3 Animation Demos 50 Advanced HTML5 Demos to show It’s Power
Le stockage des données hors-ligne : vers une utilisation étendue des applications web avec le HTML5La fonctionnalité la plus prometteuse du HTML5 réside sûrement dans sa capacité de stockage hors-ligne. Certains programmes de messagerie permettent dores et déjà de travailler avec les données de la dernière connexion, mais l'arrivé de ce nouvel atout dans le navigateur va permettre d'imaginer un panel de nouvelles utilisations des applications web, qui pourraient bien prendre le pas sur les applications traditionnelles. Certains y voient même l'avènement des "Network computers" : des ordinateurs dépourvus de système d'exploitation, qui puisent leurs ressources sur le réseau. (Dans l'esprit de l'iPhone et de l'iPad)
La vidéo sur HTML5, naturellement
Le deuxième intérêt majeur du HTML5, c'est sa capacité à lire des vidéos nativement. Fini l'installation de plug-ins (en l'occurrence Flash) qui posent des problèmes d'accessibilité, et peuvent ralentir le navigateur. Le lecteur HTML5 serait moins gourmand en ressources, ce qui pourrait lui valoir son installation sur les terminaux mobiles (téléphones, tablettes, netbooks) au détriment de la technologie Flash, dans un souci d'autonomie. Pour en savoir plus, vous pouvez lire les "Pensées à propos du Flash" article (en anglais) publié par Steve Jobs en avril 2010, dans lequel il explique pourquoi l'iPhone et l'iPad, tous les deux produits leader de leur secteur, n'intègrent pas de lecteur Flash au profit du HTML5.
La vidéo sur HTML5, péniblement
D'accord, on pourra lire nos vidéos de manière innée dans notre navigateur. Cela dit cette évolution ne se fera pas sans concessions. En effet, la fameuse balise <video> est en ce moment source d'un conflit entre format libre et format propriétaire : les navigateurs n'arrivent pas à s'entendre sur le codec à utiliser. D'un côté : Safari, Chrome et Internet Explorer possèdent la licence pour H264, le codec vidéo le plus performant à l'heure actuelle, mais propriétaire (c'est à dire soumis à une licence payante et dont le code source n'est pas ouvert aux améliorations), d'un autre côté : Firefox, Opéra, Konquéror et tous les autres navigateurs qui prônent les formats libres se rangent du côté du codec ouvert Ogg de Theora, aux performances proche du H264. La bataille est inégale car derrière le H264 se cachent Apple (en partie propriétaire de ce format) et Youtube (détenu par Google). Au passage, si la position du premier est facilement explicable par l'intérêt économique, celle de Google, pourtant défenseur du web libre, reste un mystère... Si les vidéos ne sont plus disponibles qu'au format H264, cela pourrait bien marquer la fin des navigateurs libres et de ce fait porter un coup dur au combat pour un web libre. Toujours est-il qu'en attendant que les navigateurs se mettent d'accord, la standardisation du HTML5 s'en trouve suspendue. Si vous souhaitez approfondir sur le sujet, nous vous conseillons ce très bon article sur l'avenir de la vidéo dans le HTML5.
Les autres fonctionnalités "sexy" du HTML5Parmi les apparitions qui vont contribuer à améliorer l'expérience de l'utilisateur, on peut citer le drag and drop qui permet maintenant des interactions entre le navigateur et le bureau, mais surtout la fonction de géolocalisation, de plus en plus convoitée par les applications web actuelles, particulièrement pour le web mobile.
Comment fonctionne la géolocalisation sur HTML5 ?Firefox et Chrome utilisent Google Location Services, en envoyant l'adresse IP de l'internaute, à condition que celui-ci donne son accord. Car le W3C spécifie bien qu'aucune donnée relative à la gélocalisation ne pourra être transmise sans l'accord explicite de l'utilisateur. Le simple code suivant suffit à vous positionner : <html>
Si vous souhaitez en savoir plus sur la géolocalisation, visitez la page officielle de Firefox, très complète sur le sujet. Il y est notamment expliqué comment désactiver de façon permanente cette fonctionnalité pour ceux qui le souhaitent. Internet Explorer 9 & HTML5 : une première médaille pour Microsoft ?Jusqu'ici, Microsoft ne nous avait pas vraiment habitué à la fiabilité de ses navigateurs, et pour cause : son dernier navigateur en date, I.E. 8, n'obtenait qu'un score de 20/100 au test de conformité Acid3, tandis que ses concurrents se situaient entre 90 et 100.
IE9 pourrait bien combler le fossé qui le sépare de ses concurrents Contre toute attente, il semblerait selon les premiers tests que le prochain Internet Explorer 9 se place carrément en tête de classement en terme de conformités et de performances par rapport au HTML5. Ces résultats peuvent s'expliquer par la gestion de l'accélération matérielle, c'est à dire la possibilité pour le navigateur d'accéder aux ressources graphiques de l'ordinateur pour accélérer l'affichage des pages. Globalement, on sent enfin un réel effort de la part de Microsoft pour le respect des standards, même si en dehors du HTML5, des progrès sont encore à prévoir. Notons cependant qu'Internet Explorer 9 ne sera pas disponible pour Windows XP. Les utilisateurs de ce système sont donc invités à rester sur I.E.8, ou à changer de navigateur...
Le HTML5, pour quand ?
Outre le conflit pour le codec vidéo, il faut savoir que la ratification des spécifications par le W3C est un processus très long, qui ne sera probablement pas finalisé avant plusieurs années. Même si plusieurs navigateurs comme Safari et Chrome interprètent déjà correctement le HTML5, il faudra attendre longtemps avant que tous se mettent au diapason. Il faudra ensuite compter le temps que les utilisateurs mettent à jour leur navigateur, ce qui risque d'être encore plus long quand on sait qu'en 2010, 60% des internautes utilisent encore Internet Explorer 6,7,8 pourtant réputés comme très peu performants et compatibles. Réjouissons nous tout de même du web performant, universel et puissant qui nous attend. |
| Blog - Nouveaux supports online - Lundi, 13 Décembre 2010 14:21 |





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